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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 00:50

Voici un magnifique article sur la vie de Ste Maria Goretti, que l'Eglise fête aujourd'hui.

 

Le 6 juillet 1902, s'éteignait St Maria Goretti, « la Ste Agnès du vingtième siècle », comme l'a appelée le Pape Pie XII lors de sa canonisation le 26 juin 1950. Ce qu'il y a de faible dans le monde, nous dit saint Paul, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi... afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu (1 Co, 1, 27-29).

Maria a vu le jour le 16 octobre 1890, à Corinaldo, province d'Ancône (Italie), dans une famille pauvre de biens terrestres, mais riche de foi et de vertus : chaque jour, prières en commun et chapelet ; le dimanche, Messe et sainte communion. Maria est la troisième des sept enfants de Luigi Goretti et Assunta Carlini. Dès le lendemain de sa naissance, elle est baptisée et consacrée à la Sainte Vierge.

Après la naissance de son quatrième enfant, M. Luigi Goretti, trop pauvre pour subsister dans son pays d'origine, émigre avec sa famille vers les vastes plaines de la campagne romaine au service du Comte Mazzoleni. Là, Maria ne tarde pas à révéler une intelligence et un jugement précoces. C'est vraiment l'ange de la famille !

Après une année d'un travail épuisant, M. Goretti est frappé d'une maladie qui l'emporte en dix jours. Pour Assunta et ses enfants, un long calvaire commence. Maria pleure souvent la mort de son père et profite de la moindre occasion pour prier pour le repos de son âme - son papa est peut-être au Purgatoire.  Il ne faudrait pas penser que cette enfant pratique la bonté tout naturellement. Ses progrès étonnants sont le fruit de la prière. Elle puise dans la contemplation du crucifix un intense amour de Dieu et une profonde horreur du péché.

 

«Je veux Jésus»

Maria soupire après le jour où elle recevra la sainte Eucharistie. Selon la coutume d'alors, elle doit attendre jusqu'à l'âge de onze ans. « Maman, demande-t-elle un jour, quand ferai-je ma Communion ?... Je veux Jésus. – Comment peux-tu la faire ? Tu ne sais pas ton catéchisme, tu ne sais pas lire, nous n'avons pas d'argent pour t'acheter la robe, les souliers, le voile et nous n'avons pas un moment de libre. – Maman, je ne ferai donc jamais ma première Communion ! et moi, je ne veux plus être sans Jésus ! – Mais que veux-tu que je fasse ? Je ne peux te voir aller communier comme une petite ignorante. » Finalement Maria trouve le moyen de se préparer avec l'aide d'une personne des environs. Elle reçoit l'Eucharistie le 29 mai 1902.

La réception de la Sainte Eucharistie augmente en Maria l'amour de la pureté, et lui fait prendre laSte-Maria-Goretti-7.jpgrésolution de conserver à tout prix la vertu angélique. Un jour, après avoir entendu un échange de paroles déshonnêtes entre un garçon et une de ses compagnes, elle dit avec indignation à sa mère : « Maman, comme cette fille parle mal ! – Fais bien attention à ne jamais prendre part à de telles conversations. – Je ne puis même pas y penser, maman ; plutôt que de le faire, j'aimerais mieux... » et le mot « mourir » reste sur ses lèvres. Un mois plus tard, la voix de son sang terminera la phrase...

En se mettant au service du Comte Mazzoleni, Luigi Goretti s'était associé avec Jean Serenelli et son fils, Alessandro. Luigi n'a pas tardé à regretter cette proximité avec Jean Serenelli, personnage si différent des siens, buveur et sans retenue dans ses paroles. Après la mort de son mari, Assunta et ses enfants sont tombés sous le joug despotique des Serenelli. Toujours aux champs pour subvenir aux besoins de ses enfants, Madame Goretti n'a le temps de s'occuper ni du ménage, ni de l'instruction religieuse des plus petits. Maria se charge de tout. Elle ne s'assoit aux repas qu'après avoir servi tout le monde et ne prend pour elle que les restes. Sa serviabilité s'étend également aux Serenelli. De son côté, Jean, dont l'épouse est décédée, ne s'occupe guère de son fils Alessandro, solide gaillard de dix-neuf ans, grossier, vicieux, qui prend plaisir à tapisser sa chambre d'images obscènes et à lire de mauvais livres. Sur son lit de mort, Luigi Goretti a pressenti le danger que représente les Serenelli, et il a répété sans cesse à son épouse: « Assunta, retourne à Corinaldo ! » Malheureusement, Assunta est endettée et liée par un contrat de fermage.

 

«Ne fais pas cela... C'est un péché»!

Au contact des Goretti, quelques sentiments religieux se sont réveillés chez Alessandro. Il s'associe parfois au chapelet qu'ils récitent en famille ; les jours de fête, il assiste à la Messe, il se confesse même de temps en temps. Il fait pourtant des propositions déshonnêtes à l'innocente Maria qui, d'abord, ne comprend pas. Puis, devinant la perversité du garçon, la jeune fille se tient sur ses gardes et repousse la flatterie comme la menace. Elle supplie sa mère de ne plus la laisser seule à la maison, mais n'ose pas lui exposer clairement les motifs de sa frayeur, car Alessandro l'a prévenue : « Si tu révèles quelque chose à ta mère, je te tue ». Son unique recours est la prière. La veille de sa mort, Maria demande encore avec larmes à sa mère de ne pas la laisser seule. N'obtenant pas d'autres explications, Madame Goretti croit à un caprice et ne donne pas d'importance à cette supplication.

Le 5 juillet 1902, on bat les fèves sur l'aire, à une quarantaine de mètres de la maison d'habitation. Alessandro conduit un char traîné par des bœufs. Vers trois heures de l'après-midi, alors que Maria est seule à la maison, Alessandro demande : « Assunta, voudriez-vous un instant conduire les bœufs à ma place ? » Sans méfiance, la femme s'exécute. Maria, assise sur le seuil de la cuisine, raccommode une chemise, tout en gardant sa petite soeur, Teresina, qui dort auprès d'elle.

« Maria ! crie Alessandro – Que veux-tu ? – Je veux que tu me suives. – Pourquoi ? – Suis-moi ! – Dis-moi ce que tu veux, sinon je ne te suis pas ». Devant cette résistance, le garçon la prend violemment par un bras et l'entraîne à la cuisine dont il barre la porte. L'enfant crie, mais le bruit ne porte pas à l'extérieur. N'arrivant pas à faire céder sa victime, Alessandro la bâillonne et brandit un poignard. Maria tremble mais ne succombe pas. Furieux, le jeune homme essaye avec violence de lui arracher ses vêtements. Maria se dégage de son bâillon et crie : « Ne fais pas cela... C'est un péché... Tu iras en enfer ! » Peu soucieux du jugement de Dieu, le malheureux lève son arme : « Si tu ne veux pas, je te tue ». Devant sa résistance, il la transperce de coups. L'enfant s'écrie : « Mon Dieu ! Maman ! » et tombe sur le sol. La croyant morte, l'assassin jette son couteau et ouvre la porte pour fuir lorsqu'il entend qu'elle gémit encore. Il revient sur ses pas, ramasse son arme et la transperce de nouveau de part en part, puis il grimpe dans sa chambre et s'y barricade. Maria a reçu quatorze blessures graves ; elle est évanouie.

Teresina, réveillée par le bruit, pousse un cri strident, que Madame Goretti entend. À ce moment, Jean Serenelli monte l'escalier et, voyant l'horrible tableau qui s'offre à ses yeux, il s'exclame : « Assunta et toi aussi Mario, venez ! » Mario Cimarelli, un ouvrier de la ferme, grimpe l'escalier quatre à quatre. La maman arrive à son tour : « Maman ! gémit Maria qui a repris connaissance. – Qu'est-il arrivé ? – C'est Alessandro qui m'a voulu du mal ! » On appelle le médecin et les gendarmes qui arrivent à temps pour empêcher les voisins, très excités, de mettre Alessandro à mort sur le champ.

 

«Je lui pardonne pour l'amour de Jésus»

Ste Maria Goretti 1 Après une route longue et très pénible en ambulance, on arrive à l'hôpital, vers vingt heures. Les médecins s'étonnent que l'enfant n'ait point succombé à ses blessures : le péricarde, le cœur, le poumon gauche, le diaphragme, l'intestin ont été atteints. La voyant perdue, ils appellent l'aumônier. Maria se confesse en toute lucidité. Puis, les médecins lui prodiguent leurs soins pendant deux heures, sans l'endormir. Maria ne se plaint pas. Elle ne cesse de prier et d'offrir ses souffrances à la Très Sainte Vierge, Mère des douleurs. Sa mère est admise à rester à son chevet. Maria trouve la force de la consoler: « Maman, ma chère maman, je suis bien maintenant !  Comment vont les petits frères et sœurs ? »

Maria est dévorée par la soif : « Maman, donne-moi une goutte d'eau. – Ma pauvre Maria, le docteur ne le veut pas, cela te ferait encore plus de mal ». Étonnée, Maria poursuit : « Est-ce possible que je ne puisse avoir une goutte d'eau ! » Elle jette alors un regard sur Jésus en Croix qui, lui aussi, avait dit : « J'ai soif ! », et se résigne. L'aumônier de l'hôpital l'assiste paternellement. Au moment de lui donner la Sainte Communion, il l'interroge : « Maria, pardonnez-vous de tout cœur à votre assassin ? » Elle réprime une répulsion instinctive, puis répond : « Oui, je lui pardonne pour l'amour de Jésus... et je veux qu'il vienne lui aussi avec moi en Paradis... Je le veux à côté de moi... Que Dieu lui pardonne, parce que moi je lui ai déjà pardonné... » C'est dans ces sentiments, ceux du Christ lui-même au Calvaire, qu'elle reçoit l'Eucharistie et l'Extrême-Onction, sereine, tranquille, humble dans l'héroïsme de sa victoire. La fin approche. On l'entend appeler : « Papa ». Enfin, après un dernier appel à Marie, elle entre dans la joie immense du Paradis, le 6 juillet 1902, à trois heures de l'après-midi.


«Vous perdez votre temps, Monseigneur»

Trois mois après le drame, a lieu le procès d'Alessandro. Il est condamné à trente ans de travaux forcés. Il affecte de n'avoir aucun regret de son crime. On l'entend parfois crier:  «Sois gai, Serenelli, encore vingt-neuf ans et six mois et tu redeviendras un bourgeois ! » Mais Maria, du haut du Ciel, ne l'oublie pas. Quelques années après, Mgr Blandini, évêque du diocèse où se trouve la prison, a l'inspiration de visiter l'assassin pour l'amener au repentir. Alessandro reçoit l'évêque en grommelant. Mais, au souvenir de Maria, de son héroïque pardon, de la bonté et de la miséricorde infinies de Dieu, il se laisse toucher par la grâce. Au départ du prélat, il pleure dans la solitude de son cachot, à la grande stupéfaction de ses gardiens.

Une nuit, Maria lui apparaît en songe, vêtue de blanc dans les jardins fleuris du Paradis. Bouleversé, Alessandro écrit à Monseigneur Blandini : « Je regrette d'autant plus mon crime que j'ai conscience d'avoir enlevé la vie à une pauvre fille innocente qui, jusqu'au dernier moment, a voulu sauver son honneur, se sacrifiant plutôt que de céder à ma volonté criminelle. Publiquement, je demande pardon à Dieu et à la pauvre famille pour ce grand crime commis. Je veux espérer que moi aussi, j'obtiendrai mon pardon comme tant d'autres sur cette terre ». Son repentir sincère et sa bonne conduite au pénitencier lui valent d'être libéré quatre ans avant l'expiration de sa peine. Il trouve alors une place de jardinier dans un couvent de capucins et s'y montre exemplaire ; il est admis dans le Tiers-Ordre de saint François.

Grâce à ses bonnes dispositions, Alessandro est appelé à témoigner au Procès de Béatification de Maria. C'est une chose bien délicate et très pénible pour lui. Mais il confesse : « Je dois réparer et je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sa glorification. C'est une sainte, une vraie martyre. »

À Noël 1937, il se rend à Corinaldo, où Assunta Goretti s'est retirée avec ses enfants, uniquement pour réparer et demander son pardon à la mère de sa victime. À peine est-il devant elle, qu'il demande en pleurant : « Assunta, vous me pardonnerez ? – Maria vous a pardonné, ne pourrais-je pas pardonner aussi ? » balbutie celle-ci. Le jour de Noël, les habitants de Corinaldo ne sont pas peu surpris et émus de voir s'approcher de la Table Eucharistique, côte à côte, Alessandro et Assunta.

 

Source et/ou pour plus d’information :

« Fleur des marais : Sainte Maria Goretti » ; du Père HUNERMANN aux éditions pamphyliennes

 Ste Maria Goretti 2


Voici une courte prière à Ste Maria Goretti :

Sainte Maria Goretti, veuillez demander à Jésus de m'accorder la grâce d'être pur(e) au milieu des tentations quotidiennes qui m'entourent.
Quel qu'en soit le coût, permettez-moi d'être toujours fidèle à Dieu. Ainsi soit-il.

 

... et une plus longue pour les italophiles.

O Santa Maria Goretti, che confortata dalla divina grazia, a soli dodici anni, non dubitasti di versare il sangue e di sacrificare la stessa vita, in difesa de la tua purezza verginale, deh ! volgi lo sguardo sulla misera umanita tanto deviata dal sentiera dell’eterna salute. Insegna a tutti, ma specialmente alla gioventu, con quanto coraggio e con quale prontezza si debba tutto posporre all’amore di Gesu, anziche offenderlo e macchiare l’anima propria col peccato. Ottienici poi dal Signore vittoria nelle tentazioni, conforto nei dolori della presente vita, e la grazia che qui prostrati ti domandiamo…, e fa che un giorno possiamo godere vicino a Te le glorie imperiture del Cielo. Cosi sia.

Un Pater, Ave e Gloria.

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Publié par Prières Catholiques Traditionnelles - dans Vies des Saints
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